Les mots de Fatima Daas

Après avoir écouté plusieurs interviews de Fatima Daas, qui a choisi le nom de son héroïne comme pseudonyme, j’étais impatiente de lire son 1er roman La Petite Dernière, convaincue que je serai séduite. Et, indéniablement, ce fut le cas.

Les chapitres sont courts, ouverts sur cette phrase en leitmotiv « Je m’appelle Fatima ». Les chapitres portent la toponymie de son prénom, son étymologie, ses attentes, son poids écrasant. Nom musulman, Petite chamelle sevrée, Fatima décline son identité fluctuante, entre la France et l’Algérie, entre sa religion et ses aspirations personnelles, son orientation sexuelle, Fatima ne peut se départir de qui elle est : musulmane, lesbienne, et tant d’autres choses encore.

Souvent dans les transports, son livre est une immersion dans le flux de ses pensées, enchevêtrement de souvenirs et de déconstructions, de dialogues et de non-dits le ventre serré, la bouche close. Fatima ne sait pas communiquer, alors elle écrit, et avec simplicité tout est dit.

J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne.

C’est un livre d’apparente simple facture, et pourtant chaque mot semble pesé avec soin. Le renvoi à ses origines qui ouvre chaque chapitre, cette phrase répétée « Je m’appelle Fatima », pourraient être redondant, de trop… Mais cette répétition participe de la force de son texte. Cette affirmation d’une identité complexe dans un contexte socio-culturel peu favorable à la diversité, pour ne pas dire islamophobe, lesbianophobe… donne une épaisseur singulière à ce texte, qui donne à lire, ce qui est interdit d’exister. Ce livre est une naissance. Celle d’une héroïne à la singularité universelle, celle d’une autrice à la plume saillante.

J’ai une amie lesbienne musulmane. Tout le monde pense que ça n’existe pas. Je veux dire être musulman et homosexuel. On lui dit que l’homosexualité est un phénomène social, une notion occidentale, pas adaptée à des personnes musulmanes. Je voulais avoir votre avis, comment la conseiller, comment faire pour qu’elle ne se sente pas excommuniée.

Comme vous le devinez, je vous conseille vivement cette lecture, et je m’en vais de ce pas, suivre l’activité de la jeune autrice.

Avez-vous lu ce roman ?

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