Les mots d’Albert Cohen

Ça y est je suis enfin venue à bout de ce classique de la Littérature Française, ce chef d’œuvre de la Littérature amoureuse, dont j’avais lu de nombreuses éloges et de vives critiques. Tout juste refermé, j’emprunterai à Gandalf sa célèbre réplique pour témoigner avec justesse de mes impressions de lecture : « Fuyez ! Pauvres fous! »

Mais soyons plus précise, car comme moi vous êtes nombreux et nombreuses à être tenté.es par cette lecture, que j’ai vaillamment terminée… malgré quelques sauts de pages il faut bien le concéder.

Intéressons-nous d’abord aux trois personnages principaux :

Le mari, un homme médiocre qui passe ses journées à traquer ses supérieurs dans l’espoir d’un avancement au lieu de travailler. Un homme suffisant qui ne laisse pas sa femme parler quand elle vient lui avouer une agression qu’elle a subit, et dont on espère vivement l’éviction par un amant qui ne pourra être que plus remarquable (ou pas…).

La femme, la belle et insipide Ariane, qui passera tout le roman soit dans son bain ou devant son miroir à se faire belle pour son amant, soit à endurer les pires cruautés de ce dernier et à pleurer, puis revenir tête baissée, en esclave servile et adoratrice du mâle viril qu’elle se complaît à être.

Enfin l’amant, un tortionnaire méticuleux et inexorable comme il aime se décrire lui-même, qui la séduit en la traitant de « femelle » et de « chienne » et finira par la battre (mais pour cela il faut arriver à la 1000ème page) parce que bien sûr, il l’aime éperdument.

Alors bien évidemment on peut reconnaître à ce roman une certaine virtuosité de style, quoique fort pompeux. Une grande partie du récit est écrit au discours indirect libre sans ponctuation, nous donnant accès aux pensées turbulentes et, la plupart du temps sans intérêt, des personnages. On peut aussi reconnaître un esthétisme poussé dans les images proposées, puisque Ariane passe l’ensemble de son temps (donc 1100 pages) à prendre des poses langoureuses (sans être vulgaire), dans les robes de soirée de luxe (qu’elle change dix fois par jours), dans des hôtels magnifiques, compensant son infériorité assumée par la mise en valeur quotidienne de sa croupe…

Moi qui m’attendais à lire une histoire d’amour un peu désuète, j’ai été horrifiée de cette lecture débordante de sexisme. Une réification de la femme qui vous fera certainement dresser les poils si vous vous attaquez à ce pavé.

Je suis curieuse d’avoir votre avis sur ce classique, je sais que beaucoup l’affectionnent particulièrement et serai ravie de partager sur cette lecture qui m’a particulièrement révoltée.

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