Les mots de Roland Barthes

Quel plaisir – sportif – de se replonger dans de la théorie de la Littérature ! J’ai profité de cette première édition en poche du classique Fragments d’un discours amoureux, pour renouer mes liens avec Roland Barthes, et redécouvrir à travers lui Goethe, Nietszche, Platon, Proust… et tant d’autres classiques qui ont ravi mes premières années d’étude en Lettres et qu’il me tarde désormais de relire.

Suis-je amoureux ? Oui, puisque j’attends. L’autre, lui, n’attend jamais. Parfois, je veux jouer à celui qui n’attend pas ; j’essaie de m’occuper ailleurs, d’arriver en retard ; mais à ce jeu, je perds toujours : quoi que je fasse, je me retrouve désoeuvré, exact, voire en avance. L’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend.

De premier abord son essai est ardu – manque de pratique depuis quelques années – mais finalement ils se lit tout seul, petit bout par petit bout. Sous forme d’abécédaire, Barthes analyse le sentiment amoureux, il reformule et synthétise les différents états de l’amour présentés dans un corpus littéraire et philosophique canonique.

A chaque instant de la rencontre, je découvre dans l’autre un autre moi-même.

Son analyse est toujours d’actualité. Bien qu’il faudrait aujourd’hui reconsidérer certains transports amoureux à l’aune des nouvelles technologies, qui ont modifié nos modes de communication, les émois, stupeurs, espoirs, tremblements, désillusions… agitant le sujet amoureux, sont sempiternellement les mêmes. Impossible de ne pas s’y reconnaître à un fragment donné.

Ce que cache mon langage, mon corps le dit. Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé…

Cette lecture m’a bouleversée car elle m’a rappelée à quel point je trouve de l’intérêt et du plaisir à mettre en perspective mes lectures, à continuer d’apprendre sur l’Histoire humaine à travers ce merveilleux support qu’est la Littérature. Barthes a renforcé mon envie du moment, de me plonger dans des essais… qu’importe le domaine d’étude, j’ai besoin en ce moment de gros mots théoriques et de perspectives pointues sur le monde.

Le langage est une peau: je frotte mon langage contre l’autre. 

Je conseille cet essai à ceux qui n’ont pas peur de se frotter à un panthéon Littéraire exigeant de s’offrir ce petit trésor de mots. Il est certain que je n’y aurais pas trouvé le même intérêt si je n’avais pas déjà lu aux préalables les œuvres auxquelles il se réfère dans son ouvrage. Mais soyez téméraires et courez-y !

L’avez-vous lu ?

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