Les mots de Claire Berest

Rien n’est noir sinon ses yeux qui emportent les hommes, les autres et moi, depuis des années. Ses yeux qui s’assombrissent sous ceux de Diego, l’ogre, le crapaud. Les yeux de Frida qui inspirent, transcendent et transportent. Vivante.

Elle, elle l’aimait. Quelle différence entre l’amitié et l’amour ? Il faut dire je t’aime quand on a le temps. Après on oublie, après on part, après on meurt.

Sur ma table de chevet la correspondance de Frida, dans ma cuisine ses recettes, et dans ma bibliothèque son journal et des biographies. En inconditionnelle de l’artiste, je me suis littéralement précipitée sur cette nouveauté de la rentrée littéraire, à la couverture affriandante. J’ai retrouvé dans le roman de Claire Berest la pulsion de vie fascinante de l’artiste, sa morbidité en fleurs, outrancière et dansante.

J’ai aimé le chapitrage colorimétrique. Les couleurs primaires en humeurs, bleues, rouges et jaunes. Leurs nuances comme autant de revirements dans son existence sans vernis. J’ai aimé reconnaître Frida, sous des mots ravivés : les siens, crus de passion, et ceux de l’autrice contemporaine qui a su en retranscrire l’essence avec une simplicité ravissante.

Ce roman est un joli hommage aux couple Rivera, à ses tensions orageuses, ses enivrements érotiques et tapageurs. J’ai dévoré en quelques heures cette histoire d’amour à la colonne brisée qui continuera de me fasciner dans toutes ses versions artistiques.

Je me dis que ces blessures-là, tu les incorpores, tu les dissous en toi, comme si tu les mélangeais à tes os. Et alors tu parviens à rester un peu la même. C’est comme un jardin que tu visites après plusieurs années, un jardin que tu connaissais par cœur enfant, parce que tu y jouais tout le temps. Tu rentres et tu cherches ce qui y a changé. Rien n’a changé. Il y a les mêmes oiseaux, l’odeur des roses est intacte, et les arbres sont toujours là. Toi tu es juste plus proche de la mort.

Au livre de Claire Berest je préfère tout de même les mots sans carcan de Frida Kahlo, sa douleur rageuse, sa haine virulente, sa douleur et son amour incommensurables, qui dans chacune de ses lettres, me sautent au ventre. Violents par leur immédiateté.

C’est une lecture agréable pour se replonger dans les tourments exubérants de ce bout de femme en morceaux et pinceaux, un roman qui ravira ceux qui ne connaissent pas encore l’irremplaçable Frida Kahlo, où qui l’aiment déjà d’amour, comme moi.

Est-ce que vous avez-lu cette nouveauté de la rentrée littéraire ?

Avez-vous comme moi, une admiration sans borne pour Frida Kahlo ?

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