Les mots d’Eshkol Nevo

Des Jours de miel c’est ce que m’ont fait passer ces quelques heures de lecture avec Eshkol Nevo. Un récit original et plein de douceur, grâce auquel j’ai découvert une culture et des traditions juives et russes jusqu’alors méconnues.

La couverture fleurie qui m’a séduite sur les rayons de la bibliothèque était une promesse d’allégresse auxquelles les pages ont répondu. J’ai été touchée par ces histoires d’amour entravées par un non-dit, par cette impuissance érectile d’une vieillesse déracinée. Une lecture comme une caresse onctueuse, qui émeut sans bouleverser totalement, qui effleure nos propres questionnements, les empourpre sans les tourmenter vraiment. Un coup de cœur léger, billet pour une évasion, véritable voyage aux pieds posés.

Ce récit est une immersion dépaysante dans la Ville des Justes en Galilée. Une rencontre attendrissante avec ses habitants : des vieux immigrés russes qui, à défaut d’être intégrés à la communauté hébraïque, vivent entre eux dans leur kibboutz, s’ennuyant d’être délaissés par ceux qui les ont pourtant appelés. La construction d’un mikvé – un bain rituel – en plein centre de leur quartier isolé, est un regain de jeunesse pour ces couples aux ridules étonnées qu’aucun d’entre eux ne soient encore mort, et qui n’ont qu’un unique désir : monter un club d’échec.

Et peut-être ne pouvait-il savoir alors, à l’âge de vingt ans et des poussières, que chacun possède sa part d’ombre et que le plus important est de savoir si la part lumineuse est vraiment aussi rayonnante…

La poésie des métaphores dévoile progressivement la force des relations entrecroisées. C’est un livre empli de bienveillance, où les personnages se traitent avec indulgence malgré les déceptions de leurs existences. Il y fait chaud. On l’ouvre pour observer les hommes et les oiseaux, pour écouter un air de clarinette dans une terre lointaine dont on partage humblement l’intimité et les souvenirs, où l’on se baigne dans la même torpeur que les protagonistes auxquels on s’attache immanquablement.

(…) le miracle le plus inouï se produit quand deux êtres humains se rencontrent au bon moment et se transforment en un lieu, un lieu authentique, chacun pour l’autre.

Je vous recommande vivement ce roman, non pas comme une lecture fondamentale pour appréhender le monde, mais comme un délicieux moment d’humanité et d’évasion. C’est un livre à l’image de sa sublime couverture, plein de couleurs et de malice. Un petit écrin chatoyant pour une pause bien méritée dans nos quotidiens à courir.

L’avez-vous lu ou un autre roman d’Eshkol Nevo ?

Un récit dépaysant à me proposer ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.