Les mots de George Sand

Quand je n’ai pas de covoitureur avec qui papoter en voiture, j’aime voyager avec un auteur. La semaine dernière c’est Guillaume Gallienne qui me lisait La Petite Fadette sur France Inter. Aujourd’hui c’est de nouveau George Sand que j’ai embarquée avec moi sur la route. J’ai choisi son roman Pauline dans le cadre du #readingclassicschallenge2019 d’Avril. Il couvrait parfaitement le temps de mon trajet et le résumé dressait un alléchant portrait de femmes.

Ce récit est celui d’une amitié celle de Laurence et de Pauline : d’abord petites filles la vie les sépare, la première devient une grande actrice, tandis que l’autre reste en province s’occuper de sa mère moribonde. Evidemment le destin les fait se retrouver au hasard d’un carrefour, l’histoire peut commencer…

Car les personnes qui ont vécu dans le calme et la retraite ont un merveilleux instinct pour se représenter la vie d’autrui pleine d’orages et de désastres qu’elles s’applaudissent en secret d’avoir évités.

Dans cette histoire pleine de non-dits et de bonnes intentions, la bienfaisance se confronte à la jalousie et l’orgueil à la sincérité. La narration externe nous donne accès aux pensées de tous les personnages : nous pouvons tomber leurs masques et deviner leurs vicissitudes. Le jeu du lecteur est de trouver ou se cache la véritable vertu, avant de réfléchir aux leçons morales étoffant le texte.

Si la peinture d’une société qui n’existe plus fait l’attrait et le charme de cette lecture, si les rapports sociaux dépeints ont changé, il est édifiant de constater que le cœur des Hommes est toujours le même et que l’on retrouve derrière les mots désuets des personnages, les passions intéressées et les espoirs trompés qui façonnent nos propres existences.

Beaucoup de vertus tiennent à des facultés négatives. Il ne faut pas les estimer moins pour cela. La rose ne s’est pas créée elle-même, son parfum n’en est pas moins suave parce qu’il émane d’elle sans qu’elle en ait conscience ; mais il ne faut pas trop s’étonner si la rose se flétrit en un jour, si les grandes vertus domestiques s’altèrent vite sur un théâtre pour lequel elles n’avaient pas été créées.

C’est une lecture qui m’a bien distraite durant mes 3h de conduite et dans laquelle j’ai retrouvé certaines des personnes qui ont compté dans mon petit parcours de vie. Un petit roman que je vous conseille si vous souriez quand une femme tombe en pâmoison sur sa chaise : dépaysant et édifiant.

Est-ce que vous aussi vous aimez écouter des livres audio ?

Que pensez-vous de cette autrice ?

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